Soyez parents si c’est votre métier !

Credit: Afroconceptnews.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monde semble être imperturbable dans sa marche vers la consécration du négligeable et la banalisation de l’essentiel. Là des enfants sont gazés, peu de voix s’élèvent, ici l’anniversaire de naissance de l’héritier d’un certain trône suffit à mobiliser l’énergie de mille volcans. La mode épouse l’indécence, la cacophonie détrône la symphonie et les écrans remplacent les visages. Dans cet univers tumultueux où les belligérants partent sans cesse à la chasse des rares îlots de paix, les maladies livrent une concurrence farouche aux meilleures avancées scientifiques. Elles deviennent foudroyantes et rapidement envahissantes. Par rapport à ces tristes constats, nombreuses sont les questions adressées mais peu d’interlocuteurs s’arrêtent. La conjugaison est bloquée à la première personne du singulier : Je.

Je ne suis pour rien dans l’injustice qui ronge le monde, je n’ai pas déclenché ces guerres qui fauchent des enfants en plein terrain de jeu, je suis loin de l’Ebola, j’ai aussi mon lot pour faire bref.

On cherche dans les conséquences la solution aux causes. On dilapide des fonds colossaux pour passer des heures dans des réunions où tout ce que l’on parvient à faire est de remplacer un mot par un autre pensant par là changer la dure réalité des populations. Je vous le dis en vérité, tant qu’on ne reviendra pas à l’unité fonctionnelle de toute société, tant qu’on ne revalorisera pas l’équilibre familial, tant qu’on ne pèsera  suffisamment pas la portée du mot « Parents », on va continuer à se foutre le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

J’accuse la famille désintégrée et la religion fanatique. J’accuse les géniteurs irresponsables et les prédicateurs imposant le salut de leur Dieu à coup de baïonnettes et de bombes. J’accuse l’école qui crée des gagnants qu’on glorifie au détriment des perdants qu’on détruit au lieu de les réhabiliter.

Je le répéterai jusqu’à ce qu’on l’intègre : « Les premières années durent toute la vie ». Le changement prôné ne sera accouché ni des sommets, ni des conventions, ni des résolutions stériles des pompeuses organisations internationales mais par la révision et l’amélioration de l’éducation de nos enfants. Le roi Salomon, dans un magnifique élan de sagesse, l’avait dit et je cite : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas ».

Apprenez à l’enfant que la violence n’est jamais justifiée, que la différence est la norme, que toute vérité est relative, que l’intolérance est criminelle, que les biens matériels sont illusoires et éphémères, que toute vie est sacrée, et que le bien-être réside dans l’équilibre et le mouvement.

Être parent doit devenir un métier et un droit dont seul l’accomplissement des devoirs permet la jouissance. Il est destructeur de confier à un mal voyant qui tourne son voile suivant le vent du quotidien, le destin d’une âme dont l’énergie est bouillonnante et pas suffisamment canalisée. Par contre, on doit évidemment reconnaître que des politiques font tout ce qui est leur pouvoir pour garantir l’usage des prisons. Quand ils augmentent les heures de travail et diminuent parallèlement les salaires, ils volent aux enfants le temps d’un échange fructueux avec leurs parents, ils substituent l’influence néfaste des gangs prédateurs aux conseils familiaux et contribuent à l’alimentation des comportements marginaux subséquents à des épisodes chroniques de dépression.

À l’heure où l’Internet amenuise de plus en plus les frontières, la procréation doit être plus que l’expression de deux cœurs qui s’emballent, pour intégrer l’union de deux têtes qui pensent et de deux épaules qui se soudent pour planifier et exécuter un projet d’éducation tenant compte de tous les enjeux du monde et de toute la complicité de cette tâche. Soyez parents si c’est votre métier !

Dr Valéry Moise

lyvera7@yahoo.fr

12 Commentaires

  1. Malheureusement, beaucoup de ceux qui, comme moi, savent tout ce que peut impliquer et exiger la procréation, et qui pourraient donc inculquer les vraies valeurs à leurs enfants, doivent penser à sauver le monde, lequel, justement se retrouve dans un piètre état suite à l’accumulation d’irresponsabilités les unes plus graves que les autres. Dans la majorité des cas, SAUVER LE MONDE, tache noble mais très absorbante, ne leur laisse pas le temps de former une famille ou une vraie famille. Reste à espérer qu’à travers des textes comme celui-ci, le plus grand nombre se sensibilise!

  2. On est jamais decu par un billet de VM !!! Ce qui suit est de Platon :
    ANARCHIE: Le père s’habitue à devoir traiter son fils d’égal à égal et à craindre ses enfants, le fils s’égale à son père, n’a plus honte de rien et ne craint plus ses parents, parce qu’il veut être libre ; (…)
    C’est bien ce qui se passe, dit-il.
    À tout cela, dis-je, s’ajoutent encore ces petits inconvénients : le professeur, dans un tel cas, craint ses élèves et les flatte, les élèves n’ont cure de leurs professeurs, pas plus que de tous ceux qui s’occupent d’eux ; et, pour tout dire, les jeunes imitent les anciens et s’opposent violemment à eux en paroles et en actes, tandis que les anciens, s’abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffoneries [563b ] et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréables et despotiques.

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