Êtes-vous part de la solution ou du problème?

Crédit photo: Coreight
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 » L’enfer, c’est les autres ». C’est Haïti; c’est les politiciens. C’est la communauté internationale; c’est la bourgeoisie. C’est la racaille. Nous, honnêtes gens, sommes des victimes, des bafouées, des trahies. Nous, majorité silencieuse, sommes des spectateurs désabusés. Nous invitons les concernés, les forgeurs du destin collectif à prendre leur responsabilité!

Voilà le fonds de pensée de la plupart d’entre nous. De ceux qui attendent de prendre la relève comme de ceux qui élèvent déjà le pavillon blanc. De ceux qui s’abandonnent au vertige des passions comme de ceux  obéissent encore à la boussole de la raison.

En Haïti, il y a principalement deux catégories d’Hommes; ceux qui tiennent la plume de l’histoire et ceux qui en constituent le parchemin. L’une des explications de nos drames, est que la main qui tient la plume se croit plus importante que le parchemin. Nos errements viennent de là. Nos rendez-vous manqués avec le progrès tiennent au fait que nous maintenons un esprit de stratification, de comparaison vaniteuse et d’orgueil stérile. Il nous est toujours difficile de prendre un recul, de faire froidement la part des choses et de trouver un équilibre. Nous balançons d’un extrême à l’autre sans nous rendre compte que l’ascension comme la chute à pic sont pareillement désastreuses. Hier nous étions despotes, aujourd’hui nous sommes démocrates. Nous étions patriotes, nous sommes  » patrie-poches ». Hier nous constituions l’horreur des colons, aujourd’hui nous sommes larbins. Notre instabilité est contre-productive. Nous glissons à la surface des choses et des événements sans en tirer bonne partie. Nous avons perdu le rythme. Nous marchons quand il faut courir, nous blâmons quand il faut honorer, nous applaudissons quand il faut réprouver, nous crions quand il faut écouter, nous donnons quand il faut réclamer et pire nous assistons quand il faut nous engager. Nous sommes en pleine cacophonie!

L’heure n’est plus au spectacle. L’heure est au «  konbit « . Elle est à l’introspection. Elle est à l’indignation positive. À la reconquête de notre dignité d’Homme. À la réaffirmation de notre rôle d’avant-gardiste des peuples noirs. L’heure est au rejet de l’impérialisme avec tout ce qu’il comporte d’exécrable.

Jeunesse de mon pays, ne détruisez plus l’édifice simplement parce que vous avez un différend avec l’architecte. Ne prenez plus le signe pour la chose. Les meilleurs doivent s’entendre et non s’entredéchirer. Ils doivent travailler ensemble pour la patrie commune. La gloire personnelle et cosmétique n’est plus honorée et n’est d’ailleurs plus possible. Vous ne vous élevez pas en rabaissant l’autre. Haïti a besoin de vous! Elle a besoin que vous soyez part de la solution. Le monde et les ancêtres vous regardent, tâchez de mériter leur respect et non leur pitié! La tâche est évidemment ardue et même mortelle à certains égards mais comme dirait Eliphas : S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage ; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut ! Qu’il en soit ainsi !

 

Dr Valéry MOISE

Konbit: Se dit d’une tradition haitienne où des agriculteurs s’entraident pour les travaux des champs.

2 Commentaires

  1. C’est bien dommage que beaucoup ne comprennent ou font semblant de ne pas comprendre ce qui se passe en Haiti ! C’est bien dommage que nous soyons un peuple résigné, que nous sommes de ceux qui acceptent TOUT pour si peu et que l’on nous considère comme de simples petits objets sans valeur et non comme des  »personnes »…

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