Que nous enseigne le terrorisme?

Credit photo: lamayenneonadore.fr
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À un certain moment, la récurrence d’un problème recommande un arrêt et impose une considération en profondeur. À court terme, se voiler la face peut-être une option tolérée mais elle devient à la fois criminelle et puérile quand elle s’installe en politique de vie. Par sa tendance à la globalisation, le monde offre de plus en plus  de pouvoir à l’individu en même temps qu’il lui réclame davantage de responsabilité. À chaque fois que l’homme moderne se complait dans la nonchalance de son bien-être individuel, à chaque fois qu’il s’imagine que l’éloignement géographique lui met à l’abri de certaines menaces, à chaque fois qu’il regarde de haut et avec détachement le défi des autres ; il est brutalement réveillé et entrainé dans les horreurs d’une réalité qu’il est souvent incapable de gérer.

Cette impréparation, cette obligation de réaction le propulse soit dans le courant facile de la haine soit dans la posture terrible de l’effaré. Ce qui nous amène à penser que la victoire du terrorisme, si jamais il y aurait victoire, est davantage gagnée aux dépens des survivants que de ceux fauchés violemment par les instruments de la mort. Car – nous le croyons au plus profond de nous-mêmes –  tout acte terroriste est un acte manqué. C’est une abdication. Un renoncement à l’humanité à laquelle on ne croit plus. Une défaite de l’espérance. Une perversion de l’humanité. Une explosion de l’intolérance. Il ne devient complet et concourt à la satisfaction du terroriste que quand les gouvernements adoptent des lois liberticides. Il ne touche à son but que quand la peur s’installe et pourrit les relations humaines. Le terrorisme inocule  la méfiance pour paralyser les élans de générosité naturelle tout en  nourrissant les préjugés et le sectarisme.

La bataille contre le terrorisme ne se gagnera ni par les menaces, ni par les bombardements. La violence, de quelque bord qu’elle émane et quelle que soit la fin qu’elle se propose, est toujours condamnable. On ne traite pas la cause en s’attaquant aux conséquences. Sans vouloir être simpliste, nous osons imaginer que ces trois concepts renferment le remède au terrorisme : Education, Respect de l’Autre, Égalité de chances. Quand tout le monde aura le privilège  d’avoir accès à une éducation de qualité, quand les religions dominantes renonceront à leur visée hégémonique, quand le mérite sera le seul critère de recrutement, quand l’industrie de l’armement cessera d’alimenter les conflits, quand l’intérêt sordide n’imposera plus silence aux élans du cœur, le terrorisme apparaîtra à tous tel qu’il est : Monstrueux.

Je ne suis ni Orlando, ni France, ni Kenya, ni Bruxelles ; je suis Humain et cela devrait suffire si chacun mesurait la portée de ce mot et prenait sa responsabilité. Il n’y a pas moi d’un côté et mon semblable de l’autre. Nous sommes tous liés indépendamment de nos variations phénotypiques. Plus que jamais, les relations prédateurs-proies soutenues et entretenues par un certain capitalisme sont suicidaires. L’humanité est dans le même bateau, si elle continue à ignorer la souffrance des autres, à s’accaparer des richesses des plus faibles, à exploiter à n’en plus finir, à abuser de l’environnement, bientôt c’est la nature qui se transformera en ennemie ! Que la Sagesse nous en préserve et qu’on n’accuse pas l’astronome qui prévoit l’éclipse de la défaillance du soleil !

Dr Valéry MOISE

 

 

 

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