Regardez-vous messieurs, vous êtes laids !

Credit:haiticonsciencecitoyenne

Je suis bouleversé. Perplexe. Les questions m’assaillent de toutes parts, m’enlevant même mon stoïcisme. Je m’inquiète pour mon pays, je m’inquiète pour l’avenir du peuple auquel j’appartiens. J’aurais voulu être optimiste. Répandre de l’énergie positive. Mais pour une fois, je me permets d’accorder une certaine liberté d’expression à ma faiblesse. Peut-être, ai-je besoin de plus d’humanité, que dis-je de plus d’humilité pour comprendre ces faits qui dérangent, révoltent et obligent à se tourner vers soi-même.

Que l’on se penche sur l’histoire récente ou ancienne, le tableau demeure inchangé. Extrême misère de la majorité rurale et paysanne, privilège honteux d’une certaine classe, pullulation d’un grand nombre d’espèces-parasites échangeant dignité pour une certaine sécurité et l’assassinat des voix dérangeant la cacophonie. Un seul élément semble obéir au mouvement et au changement : le visage des acteurs. De ce côté-là, la moisson est toujours abondante. Mille bouches se déchirent et se bousculent pour reprendre un seul refrain. Cependant, les problèmes de la dégradation de l’environnement, de l’accès à l’eau potable, de la disponibilité des crédits agricoles, de l’inadéquation de l’éducation, du rachitisme de l’économie, de l’effectivité de l’état de droit et du renforcement de la santé maternelle et infantile restent indétrônés. On serait même tenté de croire qu’ils sont des constantes dont le rôle principal est de favoriser les discours démagogiques faisant appel uniquement à l’émotivité, aux approches binaires Moir-mulâtre, gouvernement-opposition, paysan-citadin, lettré-illettré, pauvre-riche, exploiteur-exploité.

Chers messieurs, vous qui avez déjà la gorge chaude et les gâchettes impatientes, vous êtes pathétiques. Vous qui vous aventurez déjà sur les voies où sont tombés les ancêtres impliqués dans des luttes fratricides, vous êtes nuls. Vous qui pensez pouvoir changer le pays à coup de slogans, vous êtes sots. Vous qui rêvez de prendre le pouvoir pour vous enrichir, vous êtes pitoyables. Vous qui les citez sans les comprendre et demeurez imperméables aux idéaux de Dessalines et de Pétion, vous êtes laids.

Le pays a, plus que jamais, besoin de fils dignes et compétents. De fils ayant déjà accompli leur devoir de connaître leur histoire et d’en déceler chaque piège l’empêchant d’accéder jusqu’ici au progrès. De fils capables de s’élever à la hauteur de ce qu’exprime le mot Quisqueya. De fils qui ne prennent les armes que pour sauver l’honneur de la patrie et qui ne tirent que lorsqu’ils sont sûrs que la potentielle victime ne porte en elle aucun germe de citoyen.

Dr Valéry Moise, lyvera7@yahoo.fr

4 Commentaires

  1. Le diagnostic est alarmiste et limpide de quoi vous donner vraiment les boules mais en même temps ça prouve que notre Cameroun n’est pas encore mort.Ne dit-on pas en médécine qu’un bon diagnostic est le premier pas vers la guérison?

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